Lieu de promenade par excellence, l’esplanade de la plage a été aménagée à la fin des années 1960. Auparavant mini-golf, ou parking occupaient l’emplacement.
Par la suite plusieurs transformations furent réalisées, la dernière en date étant la construction du « skate-park » en 2006.
Mais autrefois que trouvait-on sur son emplacement ?
En remontant le temps on trouve d’abord une piste pour patins à roulettes. Cette piste avait nécessité de creuser le sol. C’est ainsi qu’en 1967, les ouvriers mirent à jour les fondations de l’ancienne batterie des Huguenots.

FRAC076351_31Fi1860 ALGLa mise à jour des fondations lors des travaux de construction de la piste de patins à roulettes en 1967. AMH 31Fi1860.


Esplanade plage 10-2017 superposition ALGLe « skate-park » aujourd’hui. La maison « Braque », désignée par un point rouge, permet la similitude de position des deux clichés. Photo montage Dan.

LH 1953 ALGA la demande de Gédé, l’esplanade en 1953 avec son mini-golf. Remarquez l’église Saint Joseph en construction ! Collection Dan.

 

esplanafe 600 ALGL’aire de jeu terminée, le « skate-park » n’existe pas encore et prendra la place de la piste de patins à roulettes. (visible en bas à gauche de la photo). Collection Dan.

 La batterie des Huguenots, son histoire :

Dès sa fondation, Le Havre fut une place forte commandant l’entrée de la Seine. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle ce rôle de protection et de défense était notamment assuré par les fortifications autour de la ville incluant la citadelle.

Le Havre 1740 ALGLe Havre et la citadelle en 1740. L’ouest et l’entrée du port sont sur la gauche de la gravure. Collection Dan.

Mais avec les progrès techniques de l’artillerie, ces fortifications n’avaient plus lieu d’être. Dès 1830 les commerçants de la ville réclamaient leur suppression afin de favoriser le développement du commerce. Ils seront entendus et les démolitions commenceront à partir de 1852.

Démolition remparts ALGDes ouvriers démolissant les remparts. Collection Grégory Saillard.

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Mais les militaires n’avaient pas dit leur dernier mot, aussi firent-ils construire forts et batteries afin d’assurer cette défense. De nos jours il ne reste que quatre témoins de ces ouvrages militaires, les forts de Sainte-Adresse, celui de Tourneville et les batteries de la Hève et Dollemard. Tout le reste ayant été supprimé.

G Saillard (2) RTC ALGLa batterie des Huguenots (cerclée en rouge) dans le Havre de 1887. Collection Grégory Saillard.

G Saillard (2) RTC Dértail ALGUne vue plus détaillée de la précédente photo, la batterie des Huguenots est surlignée en bleu. La maison surlignée en rouge est celle du gardien de cette batterie, qui n’était autre que Jean Marie Cochet. (Père de Jean-Benoît Cochet, plus connu sous le nom de l’abbé Cochet). Collection Grégory Saillard.

Les batteries le long du littoral étaient bâties sur des fondations maçonnées recouvertes de simples levées de terre gazonnée. Elles ne servaient pas de casernement mais abritaient un ou plusieurs canons de fort calibre. Le talus en terre permettait d’amortir le choc des obus en cas d’attaque.

Batterie ALGLa coupe d'une batterie ici à Sainte-Adresse. Collection Dan.

Le Havre depuis Sainte-Adresse (extrait ALG )Une gravure de la fin du XIX siècle montrant la construction d’une batterie, ici toujours à Sainte-Adresse. Collection dan.

batterie de Provence Détail ALGUn autre exemple de batterie au Havre, ici une partie de la batterie de Provence, on distingue très nettement le soubassement en dur. Collection Dan.

Dans le journal «  LE XIXE SIECLE » du jeudi 25 juin 1896, on peut lire : « On vient de commencer l’exécution des grands travaux d’amélioration du port du Havre. Des ouvriers sont employés à la démolition des fronts de la batterie des Huguenots… »
Ces quelques mots mettaient fin à l’existence de cette batterie.

Position Batterie LH ALGLa position de la batterie de Huguenots sur le littoral. Le plan en noir et blanc est de 1887, l’avenue Foch y est figurée en rouge (à cette époque elle portait le nom de boulevard de Strasbourg). L’actuelle position de cette artère est figurée en vert.

Remerciements :
Les archives municipales.
Grégory Saillard.
Jean-Michel Lecordier.

Sources :
Gallica
La revue « Illustration » de juin 1884.

 

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