L’agrandissement du port du 16è au 20è siècle - cinquième partie.
Le quai d’Escale, initialement destiné au trafic civil, joua un rôle majeur durant la Première Guerre mondiale.
À partir de 1917, il accueillit les soldats américains venus prêter main-forte aux Alliés européens. Véritable point stratégique, le port du Havre devint alors un maillon essentiel de l’acheminement des troupes et du matériel militaire vers le front européen.
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Avec le retour de la paix, le trafic transatlantique de passagers reprit progressivement au quai d’Escale. Avant d’évoquer ces géants des mers qui allaient marquer l’entre-deux-guerres, il convient toutefois d’examiner la situation du port à l’issue du conflit.
Le schéma présenté ci-dessous fait apparaître, en jaune, les projets alors envisagés, tandis que les zones en rouge correspondent à ceux qui ne furent finalement jamais réalisés. Ce document permet ainsi de mieux comprendre la configuration portuaire projetée après la guerre de 1914-1918.
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Parmi les paquebots ayant accosté au quai d’Escale figure l’un des plus prestigieux de son époque : le Paris. Construit en 1913 et mis en service en 1921, il s’illustra sur les grandes traversées
transatlantiques, attirant l’admiration tant au Havre que dans les ports où il faisait escale. Symbole de l’élégance et du savoir-faire français, il devint rapidement un navire emblématique des années 1920 et 1930.
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Les projets énoncés plus haut sont mis en œuvre dans l’entre-deux-guerres afin de répondre au
trafic croissant, tant des passagers que des marchandises. Parmi les premières infrastructures
envisagées figure un nouveau terre-plein dans le prolongement méridional de la digue Saint-Jean.
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L’augmentation progressive de la taille des navires fit apparaître ce terre-plein comme un obstacle potentiel à la circulation des futurs grands paquebots. Sa suppression fut dès lors envisagée, comme l’indique le plan ci-dessous, lequel montre en pointillé le projet d’un môle destinée à la construction d’une nouvelle gare maritime de la CIM.
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Une autre explication peut être avancée, le terre-plein, mal aligné avec le futur quai Johannes Couvert, ne permettait pas l’entrée directe d’un train de voyageurs. Il a également pu servir de base à un chantier lié à la construction du futur môle oblique, mais aucune archive ne permet de l’affirmer avec certitude.
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Sur la photographie ci-dessous, le terre-plein est encore clairement visible. On peut aisément
imaginer les difficultés de manœuvre qu’il aurait pu poser à un grand paquebot tel que le Normandie, mis en service quelques années plus tard.
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C’est en 1928 qu’est inauguré le terre-plein et le quai de Floride, désignés par le chiffre « 1 » sur la photographie précédente.
Dès 1929, on y construisit la première gare maritime de la CIM, à une époque où cette compagnie ne se limitait pas à la réception et au stockage des produits pétroliers.
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Afin de répondre à l’essor continu du trafic et à l’augmentation du nombre de passagers, la CIM fit ensuite édifier une nouvelle gare maritime sur le môle récemment aménagé, dit « oblique ».
Des voies ferrées permettaient aux voyageurs d’accéder directement aux deux gares maritimes de la compagnie.
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La gare maritime du port n’est pas en reste : elle s’agrandit vers l’Est pour accueillir le trafic
croissant de passagers. Sur la photographie aérienne ci-dessous, les trois gares apparaissent clairement, le point vert indiquant l’emplacement du photographe pour la photo suivante.
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L’extension de la gare vers l’Est, photographiée depuis le sol en 1930.
(cliquez sur l'image pour voir l'endroit de nos jours)
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Ci-dessous : l’ancienne sortie se trouvait plus à l’ouest sur le quai d’Escale.
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Sources :
Journal « Le Petit Havre » Gallica.
Patrick Bertrand : « La gare maritime du Havre » Édition de Falaises 2020.
« Le Port Autonome du Havre » 1927.
Fondation et extension du Port du Havre par Hermann Du Pasquier 1944.
Le Port du Havre. Notice descriptivee Chambre de Commerce 1921.
« Le HAVRE Port Autonome » 1938.
Crédit photo :
AMH Archives Municipales du Havre.
Gallica et Nutrisco.
François Vaudour
Gallica.
IGN
Relecture Catherine Dubois.
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