Attentat à L’Élysée
Dès que l’on entend ce nom, « Élysée », on pense aussitôt au palais éponyme qui abrite à Paris,
depuis 1848, les présidents de la République française.
Pourtant, il existait un « Élysée » au Havre, mais d’une toute autre nature.
Il s’agissait d’une salle de bal ouverte en 1850 et implantée au 128, rue de Normandie, aujourd’hui rue Maréchal-Joffre.
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Malheureusement, si l’on connaît son emplacement et sa fonction, aucune gravure ni photographie ne vient illustrer cet endroit. Voici donc un plan où l’Élysée est clairement indiqué. À noter qu’en plus du bal, il comprenait également un restaurant-traiteur appelé « l’Élysée de Tourneville », le tout tenu par un certain monsieur Angot.
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Si l’Élysée n’existe plus en tant que tel, un passage de ce nom rappelle son emplacement.
Cliquez sur la photo pour voir l'endroit depuis la rue Maréchal Joffre
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Mais pourquoi parler d’attentat ?
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Si la salle de bal de l'Élysée n'avait rien de remarquable pour son époque — d'autres lieux du même type existaient alors au Havre — elle a pourtant marqué l'histoire.
Les orateurs pouvaient en faire leur tribune. C’est ainsi qu’en janvier 1888, après avoir pris la parole au théâtre de la Gaîté, Louise Michel acheva son itinéraire Havrais en se rendant à l'Élysée.
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Mais son discours ne devait pas plaire à un certain Pierre Lucas. Voici un condensé du récit du
journaliste de l’époque concernant cette prestation :
Au cours de la conférence, un certain Pierre Lucas demanda la parole.
— Je ne vous parlerai pas, dit-il, dans un « français racial » ; je suis Breton, je n’ai jamais fait un vol ou un assassinat.
L’assemblée, ainsi que la citoyenne Louise Michel, se demandèrent ce que venait faire cette déclaration de principes que personne ne sollicitait.
La citoyenne répondit par une anecdote assez piquante, lorsque tout à coup l’individu, qui s’était
assis sur l’estrade, se leva, tira un revolver, visa la citoyenne Louise Michel et fit feu à deux reprises.
Rapidement, les journalistes qui se trouvaient au-dessous de la tribune lui dirent :
— Citoyenne, êtes-vous blessée ?
— Non, répondit-elle en souriant, le revolver était chargé à blanc.
Elle le croyait d’abord.
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Après un moment de stupeur, rapide comme la pensée, une poussée énorme se produit, l’estrade est envahie, le tumulte est immense, des clameurs sortent de toutes les bouches :
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- « À mort ! À mort !
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Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que Louise Michel a vraiment été touchée par deux balles. Mais continuons la lecture du récit fait par le journaliste de la revue :
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Un médecin aussitôt appelé sonda la plaie et ne put parvenir à extraire la balle que l'on croit logée dans le temporal gauche. L'autre balle a déchiré le lobe de l'oreille gauche.
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Malgré ses blessures, Louise Michel mangea de bon appétit et, en dépit de l’insistance de ses amis et de son médecin, persista à vouloir regagner Paris, ce qu’elle fit dès le lendemain. Ce n’est que quelque temps plus tard, qu’elle se fera extraire la balle logée dans son temporal gauche.
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Sources :
Le Journal Illustré du dimanche du 5 février 1888.
Almanach du commerce du Havre de différentes années. Via Nutrisco.
Crédit photo :
Wikipédia domaine public.
Remerciement : Didier Lainé
Relecture : Catherine Dubois
MERCI DE VOTRE VISITE
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