La reconstruction du port du Havre première partie
La reprise des activités portuaires
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ensemble du port du Havre est dévasté, les chiffres des destructions sont impressionnants :
325 épaves encombrent le port et la rade.
Les écluses et les formes de radoub sont détruites à 100%.
Il ne reste que 8 600 mètres de quai utilisables sur les 21 680 mètres existants en 1939.
Seules sept grues et un ponton-grue flottant sont disponibles sur les 260 engins présents dans le port à la veille du conflit.
Sur les 717 300 m² de surfaces couvertes, seules 20 000 m² sont opérationnels.
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La façade Art déco de la gare maritime du quai d’Escale ne pouvant être conservée, celle-ci fut
démolie. Elle fut remplacée par une nouvelle gare maritime édifiée sur le quai Joannes-Couvert, sujet qui fera l’objet d’un autre article.
Le bassin oblique, comprenant le quai de Floride ainsi que les gares maritimes de la CIM, fut comblé, permettant ainsi le prolongement du quai Johannes-Couvert.
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Après la libération du Havre par les troupes britanniques et canadiennes, en septembre 1944, les Américains s’y installèrent, transformant la ville en « 16th Port of Embarkation », une importante base logistique pour le ravitaillement des armées alliées.
Ils apportèrent également leur aide aux autorités havraises et portuaires pour déblayer les rues et remettre le port en état.
Les quais étant pour la plupart hors d’usage, les Américains construisirent plusieurs pontons
flottants permettant l’accostage de navires de transport, notamment les Liberty ships.
Ces derniers arrivèrent chargés de matériel et de marchandises en provenance des États-Unis.
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La CIM
Après la destruction de toutes les installations pétrolières du Havre, l’occupation qui s’ensuivit constitua une épreuve supplémentaire pour la CIM. Bien que privée d’outils industriels détruits ou pillés, elle réussit à survivre grâce à des activités de substitution.
À la fin des hostilités, le bilan matériel et financier était alarmant : la CIM ne pouvait à la fois se consacrer aux trafics pétrolier et au transport de passagers. Une nouvelle concession fut donc
négociée et approuvée en 1949.
La CIM se concentra dès lors sur les hydrocarbures, un trafic qu’elle jugeait plus rentable et
prometteur.
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Le dragage
Négligé pendant plusieurs années, l’entretien des fonds nécessita plusieurs dragues : une grande à godets de 1 500 litres, deux modèles moyens de 790 et 535 litres, ainsi qu’une de petite dimension destinée aux canaux. Le rétablissement des profondeurs devait s’achever en 1950.
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La reconstruction du quai d’escale
Les Allemands avaient saboté le quai d’escale sans toucher ses fondations, restées intactes malgré tout. Des piles furent ensuite érigées et surmontées d’un tablier en béton précontraint, base de la partie supérieure du quai.
Le plan colorisé de l’époque permet de suivre ces travaux. Les zones restaurées y sont indiquées par des couleurs, reprises sur les photographies pour en faciliter l’identification.
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Un des bâtiments des Phares et Balises, est désigné par une flèche sur la photo ci-dessous, il se trouve toujours au 3859, chaussée Amiral Durand Viel.
Cliquez sur la photo pour voir le site aujourd’hui.
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Reconstruction du quai d’Escale, avec plus de vingt ouvriers sur le chantier.
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Comme il est de coutume sur « Havrais-Dire » on retrouve le même point de vue, avec à quai, le voilier « Guayas » de la marine Equatorienne.
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Une particularité du quai d’Escale aujourd’hui disparue
Le quai d’Escale a été pourvu de douze amortisseurs d’accostage du type « Peltier-Caquot S.I.M.E.C récupéré sur le môle du Verdon – avant-port de Bordeaux-.
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La mise en place de ces amortisseurs a demandé aux ouvriers du port et au grutier une certaine
habileté pour poser et fixer cet équipement sur le quai d’Escale.
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Schéma d’implantation et principe de fonctionnement des amortisseurs sur le quai d’escale.
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Les amortisseurs, en provenance du port de Bordeaux, étaient montés sur un axe, la partie basse étant reliée à un amortisseur hydraulique. Ils ne donnèrent toutefois pas la satisfaction escomptée et furent rapidement remplacés par des défenses cylindriques : d’abord en bois, puis en matière synthétique pneumatique, de couleur noire, puis orange aujourd’hui.
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Sources :
Patrick Bertrand : Itinéraires portuaires et maritimes, septembre 2025.
Des hommes, un port, une renaissance (1944-1964), avril 2019.
Morgan Le Dez, Études Normandes n° 3, année 2002.
P. Callet, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Directeur du PAH / Pierre D. Cot, ingénieur au PAH / J. Vasseur,
ingénieur des Ponts et Chaussées, Le port du Havre.
Hermann Du Pasquier, Fondation et extension du Port du Havre, 1944.
Crédit photo :
Collection Éric Houri.
François Pivert.
Cédric Conseil.
Relecture : Catherine Dubois.
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