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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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3 mai 2026

Le Val Soleil l’église Jeanne d’Arc et la ferme du Vornier – Cinquième partie

Dans l’article précédent, nous avons vu que le terrain acquis par l’abbé Laugier, rue Bayonvilliers, devait initialement accueillir la future église. Mais dans l’après-guerre, la Ville du Havre envisageait d’y construire un immeuble, dans un contexte de reconstruction.

Les négociations reprirent entre la paroisse et la municipalité de 1950 à 1956 et aboutirent finalement à un compromis. Une nouvelle parcelle fut attribuée à l’église. De forme comparable à la précédente, elle s’en distinguait toutefois par son orientation et sa superficie. Le plan ci-dessous permet d’illustrer cet échange : la zone en rose correspond à la parcelle actuelle, avec l’église en blanc, tandis que la zone jaune représente l’ancienne parcelle initialement prévue pour le projet de l’architecte Nasousky.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Mais il manquait encore l’essentiel à la construction de cette nouvelle église : les moyens financiers.

Les paroissiens, aux côtés de l’abbé Laugier, se mobilisèrent alors pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, un groupe se forma afin d’organiser cette action. Il était composé de MM. Bultel, R. Rion, R. Fuss, P. Tollemer, J. Blondel et Marette.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Ce groupe prit le nom de « Comité des Bâtisseurs ». Il multiplia les initiatives pour collecter des fonds, notamment par la vente de timbres consacrés à l’église et à la vie de Jeanne d’Arc.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

En 1960, l’abbé Laugier prit une retraite bien méritée. Il avait alors 78 ans. L’abbé Charles Bellanger lui succéda et prit en charge la poursuite du projet de la nouvelle église.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

En dépit des démarches de financement entreprises, la vie paroissiale demeurait particulièrement active. Elle connut même un véritable essor, porté par l’augmentation de la population du quartier liée à la construction des HLM du groupe « Fort de Tourneville ».

Dans ce contexte de croissance, le manque de place autour de l’église de la rue Bossière devint rapidement problématique. Pour y remédier, un baraquement fut édifié sur le terrain de la future église, rue Bayonvilliers. Il accueillait une salle de catéchisme ainsi qu’une bibliothèque ouverte à tous.
 

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky
Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Par ailleurs, afin de répondre à l’affluence des fidèles, six messes étaient organisées chaque dimanche à l’église de la rue Bossière. Lors de certaines célébrations, les paroissiens devaient même rester debout. Ces offices contribuèrent également à la collecte de fonds destinés à la future construction.

Le parrainage de l’église fut assuré par les paroisses Notre-Dame et Saint-Joseph du Havre, celle de Sainte-Adresse, ainsi que par les doyennés de Cany et de Criquetot-l’Esneval.

De son côté, la paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc recourut à un premier emprunt diocésain de 10 millions de francs de l’époque, soit environ 18 250 000 euros. L’ensemble des démarches et la coordination entre les différentes instances furent assurés par le « Comité des Bâtisseurs ».

Les projets de René Déchenaud
 

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

En 1962 René Dechenaud présente son projet aux paroissiens lors d’une fête de la charité organisées à l’intention de la réalisation de la future église.

La principale caractéristique de ces projets résidait dans la sobriété de son architecture, qui évitait toute grandiloquence inadaptée à l’époque et au lieu. L’aménagement intérieur s’inscrivait également dans cette même recherche de simplicité.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Le projet final différait légèrement, mais son esprit essentiel fut préservé, voire enrichi. Les travaux de terrassement commencèrent en février 1962 à l’aide d’une pelleteuse, préparant le terrain pour les étapes suivantes.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Pose de la première pierre

Une fois les travaux de préparation achevés, la cérémonie de pose de la première pierre se tint sur le chantier le lundi 23 septembre 1963. Elle rassembla édiles, autorités ecclésiastiques et paroissiens, en ce lieu où se cristallisaient les espoirs et les aspirations de tous les acteurs du projet.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

L’abbé Charles Bellanger prit la parole pour ouvrir la cérémonie. Il évoqua le travail réalisé par le "Comité des Bâtisseurs" de Sainte Jeanne d’Arc.  Il rappela que les difficultés pour parvenir au but n’étaient pas encore terminées, mais que le chemin était désormais tracé, et conclut par ces paroles : « Ce quartier neuf doit trouver son âme, c’est-à-dire son église.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Monseigneur Pailler procéda ensuite à la bénédiction de la première pierre, sur laquelle est inscrit : « TÉMOIN DE CHARITÉ FRATERNELLE ET DE FOI ARDENTE, J’ATTENDS L’ÉGLISE DE DEMAIN ». Cette première pierre fut offerte par l’abbé Gautier, curé de Goussainville.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

La cérémonie se poursuivit par un rite moins courant que la pose de la première pierre, la bénédiction d’une croix indiquant l’emplacement du futur autel.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

La pose de la première pierre eut lieu le 23 septembre 1963, l’église sera bénite en 1965, comme nous le découvrirons dans le prochain article.

Sources :
Archives de la communauté Sainte-Jeanne d’Arc Le Havre et Jean Rion
Les journaliste du Havre-Libre et Havre Presse : Pierre Lion - Philippe Leray – Pierre Montigny
Remerciements :
Éric Bouin pour sa précieuse contribution à l’élaboration de ces articles.
Olivier et Pascal Dechenaud.
Relecture : Catherine Dubois.

Merci de votre visite
Commentaires
H
Bonsoir Daniel <br /> Comme tu peux t'en douter cet article m'a beaucoup intéressé <br /> C'est quand même le quartier qui nous a vu grandir et que de souvenirs dans ce quartier Tourneville où j'ai habité et fréquenté le collège Pierre Brossolette (comme Laurent Ruquier entre parenthèses). <br /> Quelle surprise pour moi de découvrir ce bloc de timbres sur l'église sainte Jeanne d'Arc.Même s'ils n'ont pas de valeur postale c'est une sacrée découverte et je suis très étonné que çà aie pu exister. <br /> Je me rappelle aussi très bien du petit bâtiment de la bibliothèque pour tous dont j'ai retrouvé une vieille photo. <br /> Merci pour cet article passionnant et toujours très bien documenté.<br /> Bonne soirée.
Répondre
H
Salut Jacques,<br /> Ai-je besoin de te dire combien ton appréciation me fait plaisir ? C’est en effet le quartier qui nous a vus naître et, pour ne rien te cacher, cet article n’a pas été écrit tout à fait comme les autres. En plus de raconter une page de l’histoire du Havre, il évoque aussi en filigrane une part de la nôtre, même si je ne m’y suis pas attardé. Mais rien que de revoir les photos suffit à raviver des souvenirs de notre enfance passée ici.<br /> Concernant le collège Pierre Brossolette, devenu aujourd’hui la « Fabrique Louis Blanc », la personne qui m’a fourni les archives Jeanne d’Arc organisera une petite fête non loin de là. J’y ferai une intervention en tant « qu’explorateur du passé ». À cette occasion, l’église sera ouverte au public afin de sensibiliser chacun à la sauvegarde de l’église qui, malgré son jeune âge, montre déjà quelques signes de faiblesse. Si nous nous y prenons dès maintenant, ces fragilités pourront être corrigées avec le soutien des Havrais. C’est en tout cas ce que nous espérons.<br /> Bonne fin de soirée à toi ainsi qu’à Claudine.
G
Bonjour Dan, l'église de ma communion solennelle en 1971 ou 1972, je ne sais plus très bien, le quartier de mon collège aussi , collège Pierre Brossolette qui était un peu plus loin que les immeubles de Tourneville, j'habitais quand à moi au célèbre Parc d'Or rue Alfred Nobel, que de souvenirs, merci !
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H
Bonsoir Ghislaine,<br /> Je suis ravi de vous retrouver ici, chère Ghislaine. En effet, communier laisse des traces indélébiles dans la mémoire. En 1971, je travaillais déjà depuis dix ans, et comme j’habitais le quartier, peut-être vous ai-je vu sortir de l’église à l’occasion de cette cérémonie.<br /> Le « Parc d’Or » est célèbre à plus d’un titre : c’est l’une des premières habitations collectives du Havre, construite en 1923. Quant au collège Pierre Brossolette, il est devenu aujourd’hui la « Fabrique Louis Blanc », un autre usage, mais toujours tourné vers le public.<br /> Bonne fin de journée, Ghislaine.
G
Bonjour Dan,<br /> Passionnant ce récit ! Même si je ne suis pas du quartier, je le connais quand même bien puisque ma marraine habitait Tourneville et que mon fils a été baptisé dans cette église parce qu'il a été baptisé avec sa cousine née 15 jours après lui et que ma sœur habitait rue Louis Blanc. <br /> Même si on est loin du gothique, je trouve cette église très élégante qui semble plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur.<br /> D'après tes commentaires et tes documents, il me semble qu'à cette époque, la ferveur religieuse ait été beaucoup plus forte qu'aujourd'hui. Me trompe-je ?<br /> Bon dimanche
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H
Bonjour Gérard,<br /> Non, tu ne te trompes pas : la ferveur religieuse était autrefois plus forte au sein de la population. Une étude sociologique sérieuse permettrait sans doute d’approfondir cette question, car passer d’une telle ferveur à une certaine indifférence suppose qu’il s’est produit quelque chose — mais quoi ? Une enquête permettrait de mieux le comprendre.<br /> J’ai d’ailleurs fait remarquer à ceux qui s’occupent de cette église, notamment à Olivier Dechenaud, le fils de l’architecte, que la foi chrétienne semblait en recul. Toutefois, d’après lui, une partie de la jeunesse actuelle se tournerait de nouveau vers la religion.<br /> En effet, si ta marraine habitait Tourneville, tu as dû venir assez souvent dans ce quartier.<br /> Quant à l’église elle-même, c’est la réflexion que je me suis faite il y a quinze jours, lorsque je l’ai visitée avec son responsable et que j’ai pris des photos. À ce propos, elle sera ouverte au mois de juin, avec une fête organisée devant la « fabrique Louis Blanc ». Si le cœur t’en dit, tu pourras alors la photographier à loisir.<br /> Bonne fin de journée à toi et à Michèle. <br />
G
Salut Dan, très impressionant chantier !! Le chiffre de 18 250 000 me semble énorme juste pour une église.
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H
Bonjour Goé,<br /> En effet, c’était un chantier assez impressionnant que j’ai pu suivre depuis la maison familiale où je vivais.<br /> Concernant le chiffre, il provient des comptes rendus de journalistes. Plusieurs d’entre eux le mentionnent, ce qui me laisse penser qu’il est exact. <br /> Bon dimanche Goé.
L
Je ne connaissais ce quartier que pour y passer rarement de temps à autres. Grâce à toi j'en découvre un aspect particulier, une évolution, des modifications par le biais de ton discours mais aussi de tes superbes illustrations et ça se boit comme du petit lait ( de mai !! ;) ) mieux, ça se déguste !<br /> Bon dimanche mon ami.
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H
Bonjour Françoise,<br /> Que de compliments, merci beaucoup, venant de ta part cela me touche beaucoup. Quant à mes articles, il est vrai que là j’y ai mis tout mon cœur ; c’est un quartier qui m’a vu naître, que j’ai vu évoluer, et donc le raconter a été pour moi comme un retour aux sources. Et si les lecteurs prennent plaisir à me lire, alors là c’est une grande satisfaction.<br /> Bon dimanche Françoise.
A
Bonjour Dan,<br /> <br /> Tu m'as promis de beaux documents, je ne suis pas déçue !<br /> <br /> Que de souvenirs, à commencer par l'abbé Bellanger (qui avait un petit air de de Gaulle !) et puis cette nouvelle église<br /> où j'ai fait ma première communion.<br /> <br /> Elle est superbe la pelleteuse (à vapeur) je suppose, ce n'est pourtant pas si vieux mais cela parait tellement dépassé !<br /> <br /> L'enfance reste à jamais gravée dans notre mémoire et cela fait plaisir de voir tout cela et de pouvoir avoir les explications, tout est toujours très bien documenté avec toi.<br /> <br /> Je te souhaite un bon dimanche Dan.
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H
Bonjour Agnès,<br /> Je suis ravi de voir que mon article du jour t’a plu. Concernant la pelleteuse, je connaissais la personne qui la manipulait — enfin, je connaissais surtout son fils, puisque nous étions à la même école. C’est vrai qu’aujourd’hui, cet engin paraît complètement dépassé. Si j’avais su, j’en aurais pris des photos… mais à l’époque, cela me semblait tout à fait banal, et pourtant !<br /> Ces articles consacrés à cette église sont, tu t’en doutes, un peu particuliers pour moi. J’y évoque non seulement une période de l’histoire havraise, mais aussi, en filigrane, celle de ma — de notre — jeunesse. Forcément, cela nous touche davantage.<br /> Bon dimanche, Agnès.
E
Les immeubles grignotent les terrains libres, il faut pouvoir loger les familles et pas facile de laisser de la place pour autre chose. Dans cette note on voit que l'avancement de la construction est bien parti, que le projet se matérialise. La maquette montre que l'église est d'allure moderne. Merci pour ce récit et bon dimanche.
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H
Bonjour Élisabeth,<br /> Dans l’après-guerre, la priorité de la municipalité était avant tout de reloger la population. La construction d’une église passait donc au second plan. Dans le prochain article, nous évoquerons la construction de cette église ainsi que sa bénédiction.<br /> Bon dimanche, Élisabeth.
C
Un article parfaitement illustré (comme dab !)<br /> La ferveur de l'époque est considérable : 6 messes le dimanche dans la même église !<br /> Y-a-t-il 6 messes dominicales sur l'ensemble des églises havraises aujourd'hui ?<br /> Bon dimanche. C&B
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H
Bonjour Christine et Bernard,<br /> La société a beaucoup évolué sur le plan religieux. Jusqu’aux années 1970, la religion faisait vraiment partie du quotidien, alors qu’aujourd’hui ce n’est plus autant le cas. À l’époque, beaucoup de personnes, notamment les plus modestes, trouvaient du réconfort dans la pratique de leur foi.<br /> Au Havre, les paroisses ont été regroupées pour faire face au manque de prêtres, mais aussi à la baisse du nombre de fidèles. Ainsi, Saint-Denis de Sanvic, Sainte-Jeanne-d’Arc, le Sacré-Cœur et Sainte-Cécile sont désormais réunies sous le nom de « Saint-Étienne des Hautes Terres », sans qu’aucune ne soit mise en avant par rapport aux autres.<br /> Concernant le nombre de messes, je dois avouer que je ne saurais pas vous répondre avec précision.<br /> Bon dimanche les amis.