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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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26 avril 2026

Le Val Soleil l’église Jeanne d’Arc et la ferme du Vornier – Quatrième partie

Nous avons vu, dans la première partie consacrée au quartier du Val Soleil au Havre, que son église était devenue trop exiguë face à une population paroissiale en constante augmentation.

L’abbé Laugier avait pourtant tenté d’y remédier en agrandissant l’édifice existant.
Mais très vite, cela ne suffit plus. Il lui fallut envisager une solution plus radicale : construire une nouvelle église, plus vaste, capable de répondre aux besoins du quartier.
Pour mener à bien ce projet ambitieux, il réussit à réunir une somme impressionnante pour l’époque, près d’un million de francs.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Comprenant que le terrain rue Bossière ne suffirait pas il fit la recherche d’un site plus vaste destiné à accueillir son projet.
Un terrain lui convenait, c’était celui du glacis du fort de Tourneville sur lequel il n’y avait aucune construction et mieux placé pour cette nouvelle église.

Ci -dessous le terrain convoité par l’abbé Laugier ici en 1947.
 

1 = Le fort de Tourneville

2 = carrefour des rues de Cronstadt à droite, et Bayonvillers à gauche.

3 = place Tourneville

La zone verte représente les jardins ouvriers situés le long de la rue Bayonvillers, là où sera construite la future église.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky

Pour acquérir ce terrain, il engagea alors des négociations avec la municipalité du Havre, en
particulier avec son maire, Léon Meyer.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Ce n’est qu’au bout de trois ans de négociations que le terrain fut acquis. Situé à proximité du fort de Tourneville, ce terrain militaire était en principe non constructible d’après les règlements en
vigueur.

Une fois le terrain acquis, il fallait un architecte pour construire l’église. Laugier choisit Nasousky, auteur de plusieurs églises au Havre, dont Sainte-Cécile, Saint Léon, Notre-Dame de Bonsecours, ainsi que la façade et le clocher de Sainte-Anne.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

 

La vie et l’œuvre de cet architecte sont présentées ici 

Nasousky se mit rapidement au travail et proposa plusieurs projets. Deux d’entre eux, datés respectivement de 1935 et de 1939, témoignent de l’ampleur de ses ambitions.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Les volumes intérieurs, vastes et parfois presque démesurés, traduisent une volonté de créer un édifice monumental, tout en conservant une certaine élégance architecturale.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Certains projets sont tracés sur le plan du glacis du fort de Tourneville et laissent entrevoir un
édifice où s’exprime l’ambition, apparemment sans limite, de Nasousky.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Nasousky donnant libre cours à son imagination un autre projet montrait bien la
fertilité de cet architecte avec un projet particulièrement ambitieux, dont le résultat est présenté ci-dessous.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

Mais la guerre ralentit tous les projets et la mort d’Alfred Nasousky, en 1943, remit tout en question. Le conflit se poursuivit ainsi, sans que l'abbé Laugier puisse concrétiser son projet de nouvelle église

L’après-guerre : espoirs et obstacles

La paix revenue, l’abbé Laugier fait appel à un nouvel architecte, Henri Colboc, afin de concevoir ce lieu de culte. Celui-ci présenta un projet qui s’avéra toutefois trop coûteux pour les finances de la paroisse.

Le Havre Sanvic Jeanne d’Arc cavée verte Tourneville Eugène Duroméa Le Demandé Ferme du Vornier Val-Soleil Église Deschenaud Architecture Nasousky Léon Meyer

De plus, le terrain acquis auprès de la ville avant la guerre fut remis en question lorsque la
municipalité du Havre envisagea d’y construire de nouveaux immeubles ceux du futur « Groupe fort de Tourneville ».
Nous verrons dans le prochain article comment on put trouver un compromis.

 

Sources :
Archives Sainte-Jeanne d’Arc Le Havre.
Remerciements :
Éric Bouin.
Relecture : Catherine Dubois

Prochain article : l’histoire de l’actuelle église Sainte-Jeanne-d’Arc.

Merci de votre visite

Commentaires
K
Bonjour,<br /> <br /> J’adore votre blog sur l’histoire du Havre, il est vraiment bien pensé. Par moments, je passe des heures à lire ou relire certains articles. C’est là qu’on se rend compte que l’histoire du Havre est enrichissante, contrairement à ce que certaines personnes peuvent dire.<br /> Je remarque aussi que beaucoup de vidéos circulent sur YouTube, comme celles de Marie Anges (elle a récemment publié une vidéo sur l’hôpital Flaubert).<br /> Pour en revenir à votre article, j’avais déjà eu l’occasion de découvrir grâce à votre blog, le travail de l’architecte Alfred Nasouky, notamment à travers l’église Saint-Léon. Il s’agissait d’un architecte maîtrisant parfaitement l’architecture religieuse. Il est cependant regrettable que certaines de ses réalisations n’aient pas traversé le temps, en raison des matériaux utilisés, comme le sable de mer, qui s’avère problématique pour les armatures.<br /> L’église Sainte-Cécile, si je ne me trompe pas, et de lui . Elle suscite un réel intérêt pour la visite. Comme quoi, certaines églises plus modernes, peuvent présenter un attrait à l’image de celle d’Yvetot que j’ai eu l’occasion de visiter.<br /> <br /> Je suis étonné qu’un projet de cette envergure ait pu être envisagé à Bayonvilliers, compte tenu de la modestie de l’église actuellement en place. La gouache présentée est particulièrement remarquable. Les fleurs de lys peintes au plafond auraient pu être sujettes à interprétation, en raison de leur symbolique royaliste, notamment en raison de la séparation de l’Église et de l’État.<br /> En revanche, je suis étonné qu’un projet comme celui-ci ait pu être envisagé à Bayonvilliers, car l’église actuelle est assez petite. La gouache est vraiment magnifique, et les fleurs de lys peintes au plafond auraient peut-être pu être mal perçues, étant donné leur symbole royaliste, surtout après la séparation de l’Église et de l’État.<br /> Mais d’un autre côté, heureusement que certaines églises dessinées par Nasouky n’ont pas vu le jour, elles auraient sans doute été démolies à cause de la mauvaise qualité du béton. Comme quoi, les immeubles de la rue René Bazille ont, d’une certaine manière, sauvé la situation 😄<br /> <br /> Bonne journée à vous, et j’espère que ce blog continuera de vivre à travers les témoignages et les recherches de ceux qui y contribuent. Kévin
Répondre
H
Bonsoir Kevin,<br /> Je vous remercie sincèrement pour l’intérêt que vous portez à mon travail sur ce blog. Concernant les évocations du Havre sur YouTube, j’ai effectivement pu en visionner quelques-unes. Certes, cette personne n’a fait qu’effleurer le sujet, mais n’est-ce pas aussi ce qu’attend son audience ?<br /> L’église Sainte-Cécile a bien été construite par Nasousky. Il s’agit d’ailleurs de l’un des rares édifices de cet architecte encore debout aujourd’hui. Toutefois, elle a dû être restaurée et consolidée, car les constructions de Nasousky résistent assez mal au temps. Cela s’explique non seulement par les raisons que vous évoquez, mais également par la qualité des matériaux utilisés, notamment les parpaings en ciment.<br /> Concernant les symboles représentés par des fleurs de lys, Nasousky a probablement laissé libre cours à son imagination. Ce projet aurait-il été validé par le diocèse ? Rien n’est moins sûr.<br /> J’ai également été contacté par d’autres communes possédant des églises construites par Nasousky. Dans chacune d’elles, des problèmes similaires de solidité se sont posés. L’architecte construisait sans doute plus rapidement et à moindre coût, mais, comme souvent, ce qui est économique s’avère rarement durable.<br /> Pour ce qui est de la continuité du blog, je ferai de mon mieux pour qu’il perdure, même si la fréquentation est en baisse sur certains sujets. Je mène ce travail avant tout par passion, et non dans un but lucratif. Je poursuivrai donc tant que j’en aurai la possibilité.<br /> Bonne soirée Kevin.
A
Superbes documents Dan !<br /> <br /> Retour vers le futur où ce qu'aurait pu être l'église Sainte-Jeanne-d'Arc .<br /> <br /> Nasouski avait vraiment des idées démesurées pour une petite paroisse de quartier.<br /> <br /> En tout cas c'est très interessant de découvrir tout cela, merci.<br /> <br /> A demain pour la suite<br /> <br /> Bonne soirée Dan
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H
Bonsoir Agnès,<br /> Effectivement, Nasousky avait des ambitions assez démesurées, sans doute liées au fait que ses constructions le permettaient et qu’elles coûtaient moins cher qu’un bâtiment réalisé selon les règles classiques.<br /> Suite à demain, avec encore des photos inédites, dont certaines te rappelleront peut-être des souvenirs. Alors à demain, Agnès.
G
Bonsoir Dan,<br /> Tu as le o6 de cet abbé Laugier qui réussit à réunir un million de frncs en un temps record ? J'aurais quelques conseils à lui demander.<br /> Ceci je tires mon chapeau. J'ai l'habitude d'être bluffé par les documents que tu présentes, mais là, ça dépasse tout : Des documents sur des édifices qui n'ont jamais existé §§§<br /> <br /> Bonne semaine
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H
Bonsoir Gérard,<br /> Je te laisse deviner la tête que je faisais quand on m’a présenté ces documents, je n’en soupçonnais absolument pas l’existence, et ma surprise a été à la hauteur de la tienne. J’avais déjà réuni beaucoup d’éléments pour mon article sur l’église Sainte-Jeanne d’Arc, mais ces nouvelles pièces, ainsi que celles que tu découvriras prochainement, m’ont conduit à reprendre mon travail depuis le début et à enrichir largement mon étude.<br /> Je ne suis pas certain de pouvoir publier la suite dès la semaine prochaine. J’ai en effet reçu un dossier particulièrement riche, comprenant de nombreuses photographies inédites. Il me faudra donc, en plus de la rédaction, sélectionner avec soin les images les plus pertinentes parmi plus de 70 clichés afin d’illustrer au mieux ce prochain article.<br /> Je te souhaite, ainsi qu’à Michèle, une très bonne fin de soirée.
G
Salut Dan, le changement de couleur en blanc et bleu aide à commenter !! Et bien le projet d'avant guerre apparait plus beau et plus cossu que celui d'après guerre un peu trop moderniste.
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H
Bonsoir Goé,<br /> Effectivement, mon ami Frédéric a fait le nécessaire sur le plan informatique pour que la fonction « ajouter un commentaire » soit lisible ; je l’en remercie à nouveau ici.<br /> Chaque époque se reflète dans une esthétique architecturale propre, en vogue au moment de la conception d’un bâtiment. Dans ces conditions, il est difficile de juger si un bâtiment est plus esthétique qu’un autre. Le temps confère aux choses une valeur qu’elles n’ont pas nécessairement au moment de leur création. C’est sans doute là que réside l’attrait des œuvres anciennes.<br /> À la revoyure Goé.
E
Les évènements ralentissent les projets qui deviennent ainsi plus coûteux qu'initialement. J'admire les dessins des architectes si bien exécutés. Merci pour cette note très intéressante. Bon dimanche.
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H
Bonjour Élisabeth,<br /> Les architectes, en général, sont de bons dessinateurs. J’ai reçu dernièrement plusieurs étudiants dans cette discipline et j’ai pu constater leur talent. Être bon dessinateur dans cette profession est une évidence, car, s’ils veulent avoir une clientèle, ils ont tout intérêt à savoir présenter leurs projets.<br /> Bon dimanche, Élisabeth.
L
Bonjour Daniel<br /> Intéressant de voir combien la mise en oeuvre d'une construction aussi particulière que celle d'une église peut être compliquée, lente, sujette à aléas divers et contenu d'une escarcelle . Quand je pense qu'on a démoli Notre Dame de Bonsecours pour y mettre un mur de béton gris , une vraie prison au 1er coup d'oeil.... Nasousky ne doit sûrement toujours pas y croire s'il le voit d'où il est. <br /> Bon dimanche mon ami.
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H
Bonjour Françoise,<br /> Les églises, en général, sont conçues pour durer, car elles sont bâties avec des matériaux solides. Cela n’a toutefois pas été le cas pour Nasousky, qui utilisait des pierres reconstituées. L’avantage de son procédé était son coût plus faible, mais sa solidité s’est révélée moins fiable.<br /> Si l’on prend l’exemple de Notre-Dame de Bonsecours, le terrain sur lequel elle était construite s’affaissait par endroits, ce qui a entraîné des fissures et un affaissement sur sa partie gauche.<br /> En revanche, celle qui l’a remplacée est un véritable bunker — une expression que j’ai entendue plus d’une fois de la part de personnes qui l’observaient.<br /> Bon dimanche, Françoise.<br />
C
Ces architectes ont des idées bouillonnantes, parfois démesurées au regard des finances paroissiales ! <br /> C'est aussi vrai dans d'autres religions aux édifices ou statues gigantesques...Comme les stupas et Bouddha vus au Sri-Lanka.<br /> Bon dimanche. C&B
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H
Bonjour Christine et Bernard,<br /> Depuis toujours, les religions ont élevé des monuments gigantesques ; dans l’Antiquité, c’était déjà le cas. En Occident, les cathédrales, elles aussi, impressionnaient par leur grandeur, et c’est sans doute ce qui nous permet encore aujourd’hui de les admirer, puisqu’elles ont été construites pour traverser le temps.<br /> Je vous souhaite un très bon dimanche, les amis.