Le Val Soleil l’église Jeanne d’Arc et la ferme du Vornier. Sixième et dernière partie
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Construction de l’église Sainte - Jeanne - d’Arc
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L’architecture de l’église repose sur une organisation claire des espaces répartis entre un niveau de sous-sol et un rez-de-chaussée, conciliant offices religieux, accueil et fonctions annexes.
Le sous-sol est notamment destiné aux garages (1). Le rez-de-chaussée accueille les principaux espaces de culte, avec la nef, une chapelle d’hiver, ainsi que plusieurs locaux fonctionnels tels que le baptistère, le secrétariat et une salle de réunion.
Le plan de masse ci-dessous présente l’implantation générale de l’église ainsi que la répartition de ses différents espaces.
(1) Aujourd’hui affecté au stockage du matériel des associations diocésaines.
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La construction de l’édifice débute en septembre 1963. L’entreprise André Robert assure l’ensemble de la construction du bâtiment, en commençant par le gros œuvre, avec la réalisation de l’ossature en béton et des murs en briques.
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J’ai été un témoin attentif de cette construction et j’ai pris plusieurs photos depuis mon logement. En voici une, datant de juin 1964, où l’on voit les murs commencer à s’élever, laissant entrevoir une église conçue pour accueillir 800 paroissiens.
Notez, sur la droite, la « Bibliothèque pour tous », encore en place au moment de la prise de vue.
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Parmi les éléments les plus marquants, le porche voûté en voile de béton attire immédiatement le regard. Léger et élancé, il s’ouvre vers le nord, sur la rue de la Cavée Verte.
Sur la photo ci-dessous, on distingue nettement sa cambrure ainsi que celle du toit. Les lignes électriques visibles dans la partie supérieure de l’image sont celles des trolleybus des lignes 5 et 6.
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Autre trait singulier : la toiture. Avec une portée de 26 mètres, elle devait initialement être plate selon les premiers plans. Elle sera finalement dessinée en courbes, avec une pointe sud-est relevée, comme une proue de navire tournée vers les immeubles.
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Une autre vue du chantier révèle l’harmonie de ces lignes courbes, où se mêlent la toiture, le porche et le baptistère. Dans sa simplicité apparente, l’édifice commence déjà à affirmer une véritable personnalité architecturale.
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Parmi les prouesses techniques du chantier, les poutres de toiture occupent une place essentielle. Réalisées en sapin blanc en lamellé-collé, elles sont fabriquées par l’entreprise « Gilles et Quertier » de Déville-lès-Rouen.
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Le constructeur les surnomme les « bananes », en raison de leur forme courbe. Chacune pèse environ trois tonnes et s’étend sur 29 mètres de portée. Leur mise en place nécessite une grue de vingt-sept mètres de haut : une opération spectaculaire pour l’époque.
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Ces poutres, laissées apparentes à l’intérieur, témoignent de l’audace architecturale de cet édifice.
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Les vitraux
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Le budget du diocèse ne permettait pas de faire appel à de grands maîtres verriers. Dechenaud et son équipe, dont Rémy Bellière, imaginent alors des vitraux plus modestes, mais portés par une réelle ambition artistique. Ainsi naît une œuvre collective où contrainte économique et recherche esthétique avancent ensemble. (¹)
(1) Pour ceux qui le souhaite, le texte complet de Rémy Bellière est en fin d’article.
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Ci-dessous, le vitrail du baptistère. Cette photo permet de voir les deux pierres tombales où reposent l’abbé Maurice Laugier et Charles Bellanger.
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Une autre vue du baptistère, où le puits de lumière vient souligner la sérénité du lieu.
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Le signal
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Un élément de l’édifice ne verra jamais le jour : le signal, autrement dit le clocher.
Toutefois, on installe un socle destiné à accueillir la cloche de l’église de la rue Bossière (n°1 sur la photo). Puis, après la démolition de l’église Saint-Léon en 1987, l’une de ses cloches vient rejoindre la première (n°2).
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Lorsque les travaux s’achèvent et que les derniers aménagements intérieurs sont réalisés, l’église s’apprête enfin à être baptisée, votre serviteur en a profité pour en faire une photo avant ce moment.
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Puis vient le moment tant attendu par tous, la bénédiction de l’église. C’est le dimanche 2 mai 1965 que la cérémonie a lieu. Elle rassemblait les ecclésiastiques, avec en tête le Cardinal-archevêque de Rouen venu bénir la nouvelle église. 2 000 personnes sont venues assister à cette cérémonie, mais toutes n’ont pas pu entrer dans l’église faute de place.
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Le cortège réunit Charles Bellanger, le comité des bâtisseurs, les représentants du diocèse du Havre, les paroissiens, ainsi que les autorités municipales invitées pour l’occasion. Tous partagent le sentiment d’assister à la naissance d’un lieu désormais pleinement ancré dans son quartier.
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Vint ensuite la consécration de l’autel, par sa purification au moyen d’une aspersion.
Cette magnifique pierre d’autel provenait de la chapelle de l’ancien couvent des Dominicains du Havre. Après la purification, Mgr Martin se rendit au baptistère afin d’y recueillir les reliques des saints martyrs.
Celles-ci furent alors déposées dans le « sépulcre », cavité taillée dans la pierre. Un maçon vint ensuite sceller le couvercle.
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Une fois la nouvelle église ouverte au culte, la petite église de la rue Bossière est déconstruite en 1966. Voici une photo montrant cette démolition.
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Pour terminer, voici un petit « avant-après » comme c’est la tradition ici avant de clore ces articles consacrés au quartier Val Soleil-Tourneville et de son église Sainte-Jeanne-d’Arc.
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L’histoire du Val Soleil, du manoir et de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc s’achève ici. Toutefois, à l’occasion de la fête du quartier de Tourneville, le samedi 30 mai de 14 h à 18 h 15, l’église Sainte-Jeanne - d’Arc sera ouverte et vous accueillera.
Une petite exposition consacrée au quartier sera également visible sur un stand situé à moins de 200 mètres de l’église.
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Sources :
Archives de la communauté Sainte-Jeanne d’Arc Le Havre et Jean Rion.
Les journalistes du Havre-Libre et Havre Presse : Pierre Lion - Philippe Leray – Pierre Montigny.
Remerciements :
Éric Bouin pour sa précieuse contribution à l’élaboration de ces articles.
Olivier et Pascal Dechenaud.
Rémy Bellière.
Relecture : Catherine Dubois.
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Texte complet de l’intervention de Rémy Bellière :
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Pour les vitraux de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, en raison du budget restreint, il n'est pas question de s'adresser à des artistes verriers renommés comme pour l'église Saint-Michel ou Saint-Joseph. Il faut faire avec les moyens du bord. C'est en voyant les clôtures en ciment armé autour des jardins du quartier pavillonnaire que René Dechenaud a l'idée de faire des vitraux au moyen de claustras de 1 mètre sur 2, en béton armé, avec remplissage en verre antique de couleur.
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L'étude de faisabilité est faite avec Monsieur Harel, directeur de l'entreprise Havraise, spécialisée dans ce genre de clôture. Dans ce système, ce n'est pas le béton qui revient cher, mais la fabrication des moules. Il faut donc réduire le nombre d'éléments différents et les disposer de façon à ce que la répétition du même motif ne soit pas trop visible. Le grand vitrail de 6 mètres sur 10 comprend 30 panneaux mais seulement 2 moules. Le pari est réussi car peu de personnes remarquent la répétition.
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Pour l'ensemble, nous comptons dans le grand vitrail 30 panneaux, 2 moules, 660 verres. Façade Ouest : 24 panneaux, 3 moules, 360 verres. Dans la chapelle, 16 panneaux, 2 moules, 160 verres. La façade Est : 26 panneaux, 2 moules, 320 verres. Au baptistère : 2 panneaux, 2 moules, 80 verres. Soit au total, 98 panneaux, 11 moules et 1550 verres.
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Vient ensuite la partie artistique, entre parenthèses, pour répartir les couleurs. Nous dessinons d'abord chaque vitrail sur un carton d'1 mètre sur 2, puis on découpe au cutter chaque vitrage. On décroche la porte du bureau, qui est en verre sécurit, que l'on pose sur deux tréteaux, avec un tube néon sur le sol pour l'éclairer par en-dessous. Et nous voilà partis pour un vaste jeu de puzzle de 1 550 pièces, avec des petits morceaux de verre antique, grand comme des timbres-poste.
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Ensuite vient la partie la plus fastidieuse, le calpinage (1), qui consiste à porter sur les plans les numéros de chaque vitrail avec son immatriculation qui comporte une lettre, sa couleur, et un numéro, sa position. Ces plans sont ensuite remis au miroitier pour la découpe en atelier des verres et la pose dans les châssis béton. Ces vitraux, sans aucun doute, ne sont pas des œuvres d'art, mais sûrement uniques, dans leur originalité et leur conception. »
(1) Le calepinage indique la répartition des panneaux et des motifs.
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