Du café au théâtre et non l'inverse
Du café en passant par les conserves, jusqu'aux planches du Poulailler :
les vies singulières d’un bâtiment qui l’est tout autant.
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Construit en 1882, le bâtiment du 7 rue du Général-Sarrail a de quoi surprendre. Un simple regard suffit pour constater qu'une construction, plus récente, est venue se greffer sur ses façades nord et ouest.
La question que l’on peut se poser est : « Comment était-il à l’origine ? » Il faut remonter au début du XXᵉ siècle pour voir comment se présentait ce bâtiment à cette époque. Il avait alors pour voisin la Société Nouvelle de Torréfaction, établie au numéro 7 de la rue Thiébaut (ancien nom de la rue du Général-Sarrail).
Les cartes postales permettent d’avoir une idée assez précise des ateliers où le café était préparé.
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Cette Société Nouvelle de Torréfaction devient rapidement « Les Cafés Labrador », comme en témoigne la réclame ci-dessous :
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Mais pour le public il fallait une « réclame » plus voyante, plus chatoyante comme le prouve l’affiche ci-dessous :
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En 1929, la rue Thibaut, ainsi nommée depuis 1871, prend le nom de rue du Général-Sarrail, en hommage à Maurice Sarrail (1856-1929), ancien commandant de l’armée d’Orient.
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Les années 1930 marquent un tournant pour le commerce situé au n° 7 de cette artère. Les Cafés Labrador quittent les lieux et s’installent au 40 bis de la rue Demidoff, dans des locaux plus spacieux.
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Le n° 7 est alors occupé par A. Charpentier, fournisseur de navires et charcutier en gros. Plus loin, au n° 5, la veuve de Jacques Lecop tient une épicerie.
Ces deux commerces s’associent et créent le « Comptoir d’Approvisionnement Maritime », qui occupe désormais les n° 5 et 7 de la rue Général-Sarrail.
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Cette association soulève une question : la construction de l’extension visible aujourd’hui date-t-elle de cette période ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, mais l’hypothèse demeure plausible.
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La période de la guerre
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À la fin de l’année 1941, la société « Comptoir d’Approvisionnement Maritime – Établissements A. Charpentier », est dissoute et cesse son activité au 31 décembre 1941.
La dissolution est enregistrée au tribunal de commerce du Havre en février 1942.
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Après-guerre
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Après la libération, le site conserve sa vocation alimentaire. Le 5, est repris par la veuve Jules Lecop sous l’enseigne « Épicerie Débit », sans autre raison sociale clairement identifiée.
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Elle s’associera ensuite avec son voisin au 7 : une fabrique de conserves alimentaires Ils formeront ainsi l’U.A.R. (Union et Abattage Réunis S.A.), pour la fourniture générale à la charcuterie.
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Cette adresse hébergeait également la Chambre Syndicale de la charcuterie du Havre et de la région.
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La façade de l’établissement portait le sigle « U.A.R. », formé par les initiales de sa dénomination :
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Sur la photo ci-dessus, le cheval entre aux établissement Chiren et Cie, une entreprise de travaux publics.
Les annuaires Micaux s’arrêtent en 1974, l’UAR y est encore répertoriée cette année-là.
Par la suite, aucune source ne permet de déterminer précisément ce qu’il est advenu de cette adresse.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, un théâtre s’est installé au 7 bis, la numérotation ayant changé entre-temps.
Ironie de l’histoire : si, à l’origine, les lieux accueillaient les Cafés Labrador puis divers commerces alimentaires, ils abritent désormais un théâtre nommé « Le Poulailler ».
Sources :
Annuaires Micaux (différentes années).
Annuaire Général de l’Épicerie Française 1931.
Journal « Le Petit Havre. »
Crédit photos :
Havrais-Dire
Collection Cédric Conseil.
Collection Patrick G.
Gallica.
Wikipédia.
Relecture Catherine Dubois.
Merci de votre visite.
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