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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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HAVRAIS-DIRE Le blog de Dan et ses amis.
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14 juin 2026

Du café au théâtre et non l'inverse

 

Du café en passant par les conserves, jusqu'aux planches du Poulailler :
les vies singulières d’un bâtiment qui l’est tout autant.

Construit en 1882, le bâtiment du 7 rue du Général-Sarrail a de quoi surprendre. Un simple regard suffit pour constater qu'une construction, plus récente, est venue se greffer sur ses façades nord et ouest.

Le Havre 1944 bombardement
Cliquez sur la photo pour voir l'endroit aujourd'hui

La question que l’on peut se poser est : « Comment était-il à l’origine ? » Il faut remonter au début du XXᵉ siècle pour voir comment se présentait ce bâtiment à cette époque. Il avait alors pour voisin la Société Nouvelle de Torréfaction, établie au numéro 7 de la rue Thiébaut (ancien nom de la rue du Général-Sarrail).

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre
Cliquez sur la photo pour voir l'endroit aujour'hui

Les cartes postales permettent d’avoir une idée assez précise des ateliers où le café était préparé.

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

Cette Société Nouvelle de Torréfaction devient rapidement « Les Cafés Labrador », comme en témoigne la réclame ci-dessous :

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

Mais pour le public il fallait une « réclame » plus voyante, plus chatoyante comme le prouve l’affiche ci-dessous :

En 1929, la rue Thibaut, ainsi nommée depuis 1871, prend le nom de rue du Général-Sarrail, en hommage à Maurice Sarrail (1856-1929), ancien commandant de l’armée d’Orient.

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

Les années 1930 marquent un tournant pour le commerce situé au n° 7 de cette artère. Les Cafés Labrador quittent les lieux et s’installent au 40 bis de la rue Demidoff, dans des locaux plus spacieux.

Le n° 7 est alors occupé par A. Charpentier, fournisseur de navires et charcutier en gros. Plus loin, au n° 5, la veuve de Jacques Lecop tient une épicerie.

Ces deux commerces s’associent et créent le « Comptoir d’Approvisionnement Maritime », qui occupe désormais les n° 5 et 7 de la rue Général-Sarrail.

Le Havre bombardements 1944 port du Havre Nateaux Normandie

Cette association soulève une question : la construction de l’extension visible aujourd’hui date-t-elle de cette période ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, mais l’hypothèse demeure plausible.

La période de la guerre

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

À la fin de l’année 1941, la société « Comptoir d’Approvisionnement Maritime – Établissements A. Charpentier », est dissoute et cesse son activité au 31 décembre 1941.
La dissolution est enregistrée au tribunal de commerce du Havre en février 1942.

Après-guerre

Après la libération, le site conserve sa vocation alimentaire. Le 5, est repris par la veuve Jules Lecop sous l’enseigne « Épicerie Débit », sans autre raison sociale clairement identifiée.

Elle s’associera ensuite avec son voisin au 7 : une fabrique de conserves alimentaires Ils formeront ainsi l’U.A.R. (Union et Abattage Réunis S.A.), pour la fourniture générale à la charcuterie.

Cette adresse hébergeait également la Chambre Syndicale de la charcuterie du Havre et de la région.

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

La façade de l’établissement portait le sigle « U.A.R. », formé par les initiales de sa dénomination :

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre

Sur la photo ci-dessus, le cheval entre aux établissement Chiren et Cie, une entreprise de travaux publics.

Les annuaires Micaux s’arrêtent en 1974, l’UAR y est encore répertoriée cette année-là.

Par la suite, aucune source ne permet de déterminer précisément ce qu’il est advenu de cette adresse.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, un théâtre s’est installé au 7 bis, la numérotation ayant changé entre-temps.

Ironie de l’histoire : si, à l’origine, les lieux accueillaient les Cafés Labrador puis divers commerces alimentaires, ils abritent désormais un théâtre nommé « Le Poulailler ».

Le Havre Le Poulailler Jules Lecesne 1944 histoire du Havre archives du havre plan du Havre
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Sources :
Annuaires Micaux (différentes années).
Annuaire Général de l’Épicerie Française 1931.
Journal « Le Petit Havre. »
Crédit photos :
Havrais-Dire
Collection Cédric Conseil.
Collection Patrick G.
Gallica.
Wikipédia.
Relecture Catherine Dubois.

Merci de votre visite.

Commentaires
D
Raymond Quenault est né rue Thiébaut chez sa grand mère. Je dois avoir le n° quelque part
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H
Bonsoir Pierre,<br /> Effectivement, Raymond Queneau est né au 104 de la rue Thiébaut, chez sa grand-mère. Cette information figure à la page 12 du livre de Philippe Normand, qui vient de publier « Le Havre de Raymond Queneau », mais le domicile familial se trouvait au 47 rue Thiers.<br /> Bonne soirée Pierre.<br />
A
Souvenirs... de ma jeunesse.<br /> <br /> En effet, les cafés Labrador étaient en "collaboration" auve l'Interocéanique où travaillat mon père<br /> <br /> J'ai travaillé tout un été à mettre le café en paquet pour me payer mon Solex mais c'était, bien sur, rue Démidoff.<br /> pas de vacances donc mais à la rentrée au lycée, j'avais mon Solex !<br /> <br /> te souviens-tu de l'ours qui était leur "mascotte" et que l'on trouvait en porte-cles?<br /> <br /> Il doit m'en rester un ou deux (un brun et un blanc) à la maison.<br /> <br /> Je rattrape tout ce que j'ai manqué cause absence !<br /> <br /> Il m'en reste d'autres à lire...
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H
Bonjour Agnès,<br /> Travailler au café Labrador pour se payer un « Solex », c’est aussi ce que j’ai connu, mais en travaillant aux anciens établissements Gallet. Le « VéloSolex » était très à la mode à cette époque.<br /> Je me souviens de l’ours des cafés Labrador : dans mes souvenirs, c’était d’ailleurs un ours polaire blanc. C’est aujourd’hui un objet de collection, alors garde-le précieusement.<br /> Bon dimanche et à bientôt Agnès. <br /> <br />
C
Histoire mouvementée très bien illustrée.<br /> Rien ne laisse paraître ce passé quand on regarde la maison d'aujourd'hui !<br /> Amitiés. C&B
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H
Bonjour Christine et Bernard,<br /> Effectivement, quand on regarde le bâtiment aujourd’hui, on ne peut pas deviner ce qu’il était auparavant. Pourtant, un simple coup d’œil montre bien que sa configuration actuelle ne doit rien au hasard. J’ai donc cherché à en savoir plus, et cela a donné cet article.<br /> Bonne journée, les amis.
H
J AI CONNU LE PETIT THEATRE ET UN PEU LE COIN VESPA A L AUTRE BOUT DE LA RUE ET A L OPPOSE FABRIQUE DE CERCUEILS PRISON METALLURGIE EPICERIE DE L ANGLE BOULANGERIE ET POUR FINIR BISTROT DE QUARTIER
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H
Bonsoir monsieur Haspot,<br /> On n’imagine pas tous les commerces qui existaient avant l’apparition des supermarchés. Chaque rue, et notamment la rue Sarrail, en comptait un grand nombre. Cette rue conserve d’ailleurs aujourd’hui deux théâtres, le « Petit Théâtre » et le « Poulailler » ; peu de rues peuvent en dire autant.<br /> Bonne fin de soirée, monsieur Haspot.
G
Salut Dan, il fut un temps ou Goé aurait croqué Jules lecoop pour l'épicerie puis Lecoq en transition vers le poulailler
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H
Salut Goé,<br /> <br /> Effectivement, cela aurait été tentant. Cet article s’y prête bien et aurait permis de passer d’une bestiole à l’autre, c’est-à-dire du « Labrador »... au poulailler !
G
Bonjour Dan,<br /> "L'aventure est au coin de la rue" Cette phrase tout son sens avec toi. A chaque coin de rue, ta curiosité participe à mettre à jour des histoires, de l'histoire de la vie havraise et chaque dimanche, on se couche un peu moins sot.<br /> Bonne semaine.
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H
Bonsoir Gérard,<br /> <br /> Mes articles ne font pas partie de la « grande Histoire », mais ces petits faits, mis bout à bout, finissent par en constituer l’ossature. C’est un peu comme apprendre l’alphabet avant d’entamer la lecture d’un livre.<br /> Je continuerai donc à étudier ces petits faits, tout en essayant de diversifier davantage mes sujets.<br /> Bonne fin de journée à toi et à Michèle, et à mardi, Gérard.
E
Ah ,cher Dan , encore un très bon documentaire ,sur la " Rue du Général-Sarrail " ,avec le "café" au théâtre ,cafés Labrador , l'U.A.R. ," Le Poulailler " etc... BRAVO et bon repos à toi et Marie Jo .Merci ++ E.C.
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H
Bonjour Étienne,<br /> Merci pour mon article. Ce bâtiment m’intriguait depuis un moment et, lorsque j’ai acheté les cartes postales du lieu, j’ai tout de suite pensé à en faire un billet. Il m’a suffi, si je puis dire, de consulter de nombreux annuaires pour en savoir plus, et le résultat est là.<br /> Bon dimanche à toi et Odile.
E
Bizarre cette construction qui s'est greffée sur le côté et qui continue sur le devant. Comme quoi tout est possible. Merci pour cette histoire. Bon dimanche.
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H
Bonjour Élisabeth,<br /> C’est ce qui est vraiment surprenant dans ce bâtiment. Je ne sais pas s’il s’agit d’un cas unique, mais il est rare de voir une construction récente venir s’emboîter dans une ancienne. C’est ce qui m’a intrigué et donné envie d’en savoir davantage, d’où cet article.<br /> Bon dimanche, Élisabeth.
F
Bonjour Dan,<br /> Comme quoi un endroit qui semble à première vue assez anodin a une histoire intéressante ! Mais chaque pierre du Havre en a une grâce à toi !<br /> Bon dimanche.<br /> FAH
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H
Quand on remonte l’histoire d’un lieu ou d’un bâtiment, on fait parfois de bien étonnantes découvertes. Le Havre, ce n’est pas seulement Perret et les bombardements, c’est aussi l’histoire de chaque maison et de chaque rue. Dès que l’on s’intéresse à cette dimension du passé, on se rend compte que l’histoire de la ville est un véritable puits sans fond.<br /> Bon dimanche, Françoise.